Calabre, Grande-Grèce histoire de l’humanisme

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Calabre, de la Grande-Grèce à la propagation de l’humanisme

La Calabre que nous connaissons aujourd’hui s’appelait, à l’âge classique et jusqu’à la période lombarde et byzantine de l’Italie, Bruttium. Seulement entre le VII et le IX siècle, le nom actuel de la Calabre était donné à la zone s’étendant entre les mers Tyrrhénienne et Ionienne pour former l’extrémité méridionale de l’Italie. Bien que la Calabre soit une terre de mer, la relation entre les Calabrais et la mer a toujours été controversée et difficile. En fait, pendant des siècles, l’histoire de cette terre a eu lieu principalement dans les zones intérieures.

La Grande-Grèce

On sait peu de choses au sujet des anciennes populations italiques, ainsi que sur les origines des Bruttii. Au VIIIe siècle avant J.-C., il y a la grande colonisation des terres calabraises par les Grecs. Une région qui offrait des terres fertiles, près des cours d’eau et des bois, essentielles pour une économie basée sur l’agriculture, l’élevage et la pêche. Cette migration donne naissance à la Grande-Grèce avec la création des poleis qui contribuent à la formation de la culture occidentale. Mais à partir du IV siècle avant J.-C. commence le déclin des colonies magno-grecques assiégées par les Lucaniens et les Bruttii.

L’Empire Romain

Avec la fin des guerres puniques (216 av. J.-C.), l’Empire Romain impose un contrôle strict de l’ensemble du territoire. Le Bruttium perd sa centralité et devient l’une des nombreuses périphéries de Rome. Les poleis sont réduites à de petites municipalités. Les complexes agricoles, comme la centuriation romaine, sont formés avec les caractéristiques du latifundia (villae), un système qui reste enraciné jusqu’aux début du XX siècle. L’incurie de la plupart des terres, principalement dans les plaines, favorisait la propagation du paludisme, forçant les populations à se déplacer vers l’intérieur des terres.

La Calabre terre frontalière

Avec la chute de l’Empire romain d’Occident, la Calabre est envahie par les Wisigoths en 410 et par les Vandales en 455. Les Ostrogoths du roi Théodoric conquièrent toute la région vers la fin de 400 et Cassiodore devient gouverneur de cette terre et conseiller du roi. Il fonde le monastère de Vivarium, où les confrères se consacrent à l’étude et à la transcription de textes anciens, anticipant les œuvres des bénédictins. Comme une grande partie de l’Italie, la Sardaigne et la Sicile, en 553 l’Empire byzantin conquiert la région défendant la Calabre de l’invasion lombarde.

L’Empire byzantin

En dépit d’une période convulsive de guerres, la Calabre reste sous le contrôle de Byzance du milieu du VIe au milieu du XIe siècle. Christianisée, la langue et la civilisation des Grecs sont ramenées. En outre, la région devient la destination pour les réfugiés arrivant de Sicile, de l’Est et de l’ancienne Afrique romaine. Ces populations persécutées par l’avance de l’Islam font de la Calabre un centre de civilisation au milieu de la barbarie qui prévaut dans le reste de l’Europe. Les invasions, les sièges et les conquêtes des musulmans du VIIe au XIe siècle contribuent au recul de la population dans les zones internes.

Vie religieuse et sociale

L’invasion islamique favorise le renforcement de la présence des moines basiliens et cénobitiques venus d’Orient, de Constantinople, d’Afrique du Nord et de Sicile, influençant fortement la vie quotidienne des communautés. Du IXe au XIe siècle, dans la partie méridionale de la Calabre, se crée une tradition monastique littéraire qui apportera une contribution exceptionnelle à la culture européenne et à l’humanisme. Le déclin du monachisme italo-grec commence au XIIe siècle, avec l’arrivée des Normands et leur travail de latinisation. Mais seulement après le Concile de Trente (1545-1563), il y aura un déclin irréversible.

Les Normands et la naissance du système féodal

Avec le concile de Melfi (Basilicate), en 1060 la conquête de la Calabre par les Normands termine. La conquête normande mène à la naissance du système féodal avec la construction de nombreux châteaux et avec le développement significatif de l’agriculture et de la sériciculture. Les relations avec l’Église romaine sont renforcées et, à la fin du XIe siècle, Bruno de Cologne, fondateur du premier monastère de l’Ordre chartreux, arrive dans les Serres calabraises. La politique féodale des Normands du Moyen Âge se consolide avec la succession au trône de Frédéric II de Souabe.

De la période angevine à la domination aragonaise

La défaite de Conradin en 1268 marque la fin du pouvoir souabe, en commençant la nouvelle domination angevine. Et à partir de ce moment commence la décadence économique et civile de la Calabre. De la fin du contrôle angevin (1442) à la domination aragonaise (1442-1503), les contrastes dynastiques favorisent l’expansion de la grande féodalité, forçant les classes populaires à vivre dans l’insécurité et la précarité quotidienne.

Sous le Royaume d’Espagne

Avec l’unification des royaumes de Castille et d’Aragon, en 1505 la Calabre passe sous la couronne d’Espagne. Et c’est au cours de cette domination que la région est divisée en deux parties: les terres au nord du fleuve Neto seront identifiées comme Calabre citérieure et celles au sud avec l’appellation de Calabre ultérieure jusqu’au XIXe siècle. Le royaume ibérique exacerbe les impôts, et les populations locales sont frappées par les famines et les pestilences, créant des révoltes continuelles stoppées par des interventions violentes. En plus, les côtes calabraises étaient continuellement attaquées par des pirates qui ne laissaient que mort et destruction. Les habitants se réfugiaient dans des villages perchés en montagne, ne laissant que quelque port et une longue succession de tours de guet sur les côtes.

5 février 1783

Pendant la domination des Bourbons, la Calabre subit l’évènement qui bouleverse tout le tissu social de la région: un violent tremblement de terre qui décime la population, détruit les pays, les églises et les couvents. Des montagnes et des gouffres s’ouvrent, ruinant tout le paysage. Les diverses émeutes politiques aggravées par les occupations françaises et bourboniennes ralentissent la reconstruction. Le cadre politique change encore en 1860 avec l’arrivée du corps de volontaires de Giuseppe Garibaldi lors de l’unification soutenue par la Maison de Savoie. Mais le tremblement de terre de 1908 avec les deux guerres mondiales qui s’ensuivirent aggrave les conditions d’un territoire si dévasté, encourageant une émigration continue et irrépressible.

La nouvelle Calabre

Malgré des siècles d’exploitation et de destruction, la Calabre est fière de ses traditions avec des preuves évidentes d’un riche passé. Un caractère unique que le Calabrais a réussi à exporter partout dans le monde où il a su imposer ses origines avec des œuvres imitées et enviées jusqu’à nos jours.

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